Retour des Açores, chance et rebondissements

Créé par le 31 août 2017 | Dans : Rêve de mer

Nous sommes le 16 août, ma femme et mes enfants ont pris l’avion hier, les prévisions météo pour un retour en Bretagne sont acceptables. Plus rien ne me retiens. J’appareil.

Hier les prévisions météo annonçaient beaucoup de calme. Je me suis acheté trois bidons de gasoil supplémentaire. Au vu de la météo d’aujourd’hui c’est peut-être de l’argent jeté par la fenêtre mais de toute façon c’est fait. Ensuite, j’ai suivis la tradition et ai fait mon offrande à Neptune. C’est une coutume. Quand on quitte les Açores, on lui offre un dessin pour lui demander sa bienveillance.

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Il est 10h00 quand j’appareil. Je me rends au ponton d’accueil pour faire le check out et le plein de gasoil. Jacques, d’un bateau ami a la gentillesse de m’accompagner pour m’aider dans les manœuvres. L’accostage terminé,  je réuni mes papiers pour le check out. Pendant ce temps, Jacques a disparu. Il revient :  » Ne te presse pas, ils n’ont plus de gasoil. »

Il était parti demander l’ouverture de la pompe.

Le départ est compromis mais heureusement, un camion est soit disant en route pour ravitailler. Le plein fait, je peux enfin appareiller mais mon téléphone refuse de se connecter au réseau. Je ne peux pas appareiller sans donner de dernière nouvelles à ma famille. Je retourne donc en direction de la marina. Mon téléphone se connecte et je peux passer mes quelques coups de fils.

Il est 11h40 quand j’appareil finalement. J’ai un peu de retard sur mes prévisions mais peu importe. Il fait un temps magnifique. C’est au portant, assisté de Jojo, mon fidèle moteur que je me dirige vers la pointe est de São Miguel.

17h10, je vais bientôt quitter l’abri de la côte. J’en profite pour affaler les pavillons de courtoisie que j’étais si content d’arborer.

Peu après 18h00, je profite de ce dernier contact avec la côte pour charger un dernier grib. Je devrais avoir quatre jours de portant puis du nord est. Mon logiciel de routage me conseille de monter au nord jusqu’au 50ème degré de latitude nord avant de virer vers l’ouest.

20h10 un groupe de dauphins vient me saluer pour mon départ des Açores. Ils étaient nombreux et se sont installés à l’avant de mon  navire. Ça m’a vraiment fait plaisir.

Jeudi 17 août, 0h20 par 38°13′ de latitude nord et 24°57′ de longitude ouest, j’établis la voilure par le travers. À cette occasion, je découvre un petit poisson volant qui s’est échoué sur le pont. C’est la première fois que j’en découvre un. J’avance à 6 nœuds. Jojo peut se reposer.

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8h00, par 38°50′ de latitude nord et 24°48′ de latitude ouest, São Miguel a disparu derrière l’horizon. Je suis libre, seul en mer.

11h40, par 39°11′ de latitude nord et 24°42′ de longitude ouest, j’ai parcouru 128MN en 24h. Il fait toujours très beau. Je suis toujours à la voile,  au portant. Avel avance à 6N. Mais à 19h00, la pluie s’installe, le vent vire. Je prends 2 ris pour ne pas avoir à le faire pendant la nuit. Le vent refusant,  je dois abattre ce qui me porte au 60° au lieu du 20° que je voudrais faire. Le moral en prend un sérieux coup. Le vent refuse encore et me pousse au 90°. Je vire et me retrouve au nord. Ce n’est pas si mal. Il est 20h30.

Vendredi 18 août, 9h30, par 40°42′ de latitude nord et 24°05′ de longitude ouest, depuis hier, à 22h00, le vent est tombé. C’est à nouveau Jojo qui nous pousse sur l’océan mais au moins, je suis sur ma route (30°). Le soleil est revenu. La mer se calme, le moral est revenu au beau fixe même si j’aimerai donner un peu de repos à Jojo. D’après mon dernier grib, je retrouverais du vent demain matin

11h40, par 40°52′ de latitude nord et 24°01′ de longitude ouest, mon lock indique 3709MN. J’ai fais 116MN en 24h.

14h00, je verse un premier bidon de gasoil dans mon réservoir.

19h40′ par 41°29′ de latitude nord et 23°43′ de longitude ouest, j’ai passé toute la nuit et toute la journée au moteur. Il fait un soleil de plomb. La mer est calme. La houle est très longue. J’estime son amplitude à 1m. Autant dire rien du tout au milieu de l’Atlantique, à 680MN du Portugal. Dans ces moments de calme, l’esprit divague, surtout que je suis inquiet pour la date de mon retour. C’est idiot. Je reprends le lundi 4 septembre mais mon logiciel de routage me donne une date d’arrivée le 31 août, cette date sonne comme une fin de vacances. Je ne peux m’empêcher de penser que je vais être en retard.

Je me rends compte que j’ai changé de monde. Je ne suis plus dans le monde des métro boulot dodo. Les terriens ont des lois, des règlements, des idées plus ou moins rationnelles d’un chef qu’il faut suivre, des coutumes, la moral… quelle liberté reste-t-il dans tout ça ?

Ici, je suis seul maître du monde. Je vais oú je veux, je fais ce que je veux. Je ne suis tenu que par la terre. C’est à dire ma famille qui m’attend et que je suis impatient de retrouver et puis cette foutue date à laquelle je dois reprendre mon boulot.

Mais que le terrien ne se méprenne, cette liberté a un prix que j’accepte alors qu’il n’y songerait même pas. À terre, tout du moins en France, on vie dans une extrême sécurité.

Ici, il n’y a rien. Je ne peux compter que sur moi. Je ne craint pas la maladie, j’ai la chance d’être en bonne santé. Je ne craint pas l’agression. Je me sent même plus en sécurité sur ce point ici.

Mais je suis à la merci du vent. Ici, c’est le Dieu. Il a le droit de vie ou de mort.

Voilà 24h que je suis au moteur. Cela n’a rien d’inquiétant, le grib me l’avait prédit… jusqu’à demain matin. Après, s’il revient, il m’accompagnera jusqu’en Bretagne. C’est prévu ainsi. Mais qui prédit ? De puissants ordinateurs reliés à une multitude de capteurs ? Mais qui sont-ils ici ? S’ils s’étaient trompés ? Plus de vent, ça veut dire plus de retour. Trop de vent ? Suis-je capable de le supporter ?

Voilà le prix de la liberté. Être libre, ça veut dire, assumer les conséquences. J’ai choisi d’assumer. L’avenir me dira si j’ai eu raison.

Samedi 19 août, 3h30, le vent se lève par 42°05′ de latitude nord et 23°23′ de longitude ouest. J’établis le génois seul, au vent arrière en passant au cap 40°. Après la manœuvre, le CMA CGM Marseille, un cargo de 190m est en faible cpa. Je l’appelle en français pour l’avertir. Il me répond en anglais… peu importe, le cpa se stabilise à 1MN. Nous convenons que c’est suffisant.

Je continue à le surveiller car le cpa dépend beaucoup de ma vitesse qui, au vent arrière ne cesse de changer. Sans l’AIS, il ne serait qu’un petit point lumineux à peine décelable mais c’est un cargo de 190m qui m’arrive dessus à  17N. C’est vraiment formidable cette sécurité apportée par cette technologie.

9h40, je me réveille. La nuit a été fatigante avec ce cargo à veiller. Là, il y en a 5 sur mon écran AIS. Le plus proche passe à 12MN de moi. Sans l’AIS, je n’en verrais aucun.

Hier, il a fait vraiment fait très beau. Aujourd’hui, il y a quelques nuages qui finissent par disparaître.

Je verse un bidon dans le réservoir. Il est plein. D’après mon grib, j’ai largement ce qu’il me faut.

11h40, par 42°26′ de latitude nord et 22°42′ de longitude ouest,  mon lock indique 3821. J’ai fait 112MN en 24h. Depuis 3h30, je suis toujours au portant sous voile à 4N et sur ma route.

Dimanche 20 août 9h40 par 43°24′ de latitude nord et 20°28′ de longitude ouest, le Santa Régina, un cargo de 229m est en faible cpa. Raymond fait un bruit que je n’ai jamais remarqué. Mes batteries de servitudes sont vides. La journée commence mal. Heureusement, il fait très beau. Le vent de 10N à  15N souffle dans mon 120°. Je démarre Jojo et constate avec plaisir qu’il me donne 60A. Je peux faire une route directe contrairement à ce que me prévoyait mon grib.

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11h40, par 43°30′ de latitude nord et 20°16′ de longitude ouest mon lock indique 3951MN. J’ai fais 130MN en 24h.

Alors que le vent vient du Sud, des nuages arrivent par l’ouest. Un changement de temps approche. D’après mon grib, je devrais avoir une pétole suivi de nord est. Ce n’est pas bon signe.

19h00 je suis désormais sous les nuages.

Lundi 21 août 7h30 le vérin de Raymond vient de lâcher. Je suis à 640MN de ma destination ! On peut difficilement envisager pire scénario. Je vais devoir barrer pendant plus de 120h. Pour me reposer, il me faudra mettre à la cape et accepter la dérive.

Je dois trouver une solution. Je dépose le vérin. Les charbons ont chauffés au point de faire fondre la soudure. Un des deux ressort est passé au rouge. Il a noirci et est devenu très fragile.

J’ai un jeu de charbon neuf. Je peux donc les remplacer mais je dois récupérer les ressorts dont celui qui est si fragile. Je le manipule avec la plus grande prudence.

Avant de tout remonter, je veux en savoir plus et fini de démonter le moteur. Un des deux aimants du stator est cassé en deux. C’était lui qui faisait le bruit que j’entendais. Cette moitié d’aimant se balade dans la cage du moteur et usine le rotor. Je le retire et fini de tout remonter en priant pour que ça fonctionne.

8h40, le vérin est en place. Je l’essaye, il marche. Je peux repartir.

11h40 par 44°42′ de latitude nord et 17°33′ de longitude ouest, mon lock indique 4092MN j’ai fait 142MN en 24h. Je suis au milieu de ma traversée. Je viens de comprendre pourquoi le moteur de Raymond a lâché. Le 30 juillet, au mouillage à Santa Maria, j’avais été faire un tour sous l’eau avec ma combinaison. Puis, pour la faire sécher sur la barre, j’avais serré le frein de barre… et l’ai oublié. Raymond force sur la barre depuis ce jour. Je m’en veux. Je l’ai bien sûr desserré mais Raymond chauffe toujours. Le demi aimant que j’ai retiré a du en dégrader le rendement. Il va falloir que je barre le plus possible pour épargner Raymond. Je veux le garder en vie pour pouvoir dormir sans me mettre à la cape.

Je m’impose la règle suivante : je barre toute la journée en m’accordant une courte pose toute les deux heures plus une pose suffisante pendant les repas. La nuit, je fait des cycles d’une heure de barre et deux heures de sommeil.

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Mardi 22 août 2h00. Mon grib est devenu faux. Un pétrolier passe à proximité. Je l’appelle pour avoir des prévisions météo : vent de Sud Ouest 15N virant dans le sens des aiguilles d’une montre… bof, son bulletin météo ne doit pas être tout récent. Ce ne sont plus des prévisions… Ce sont des observations maintenant. Je ne suis pas plus avancé.

11h40 par 45°26′ de latitude nord et 14°57′ de longitude ouest mon lock indique 4214MN. J’ai fais 122MN en 24h. Raymond a l’air de tenir le coup.

20h00, je suis sous génois vent arrière avec Jojo.

Mercredi 23 août : depuis hier, je croise de temps en temps des méduses à voile. Elles sont beaucoup plus grosses que celles que j’avais croisées dans le Gascogne (10-15cm contre 4-6cm). Le rosé de la voile et les nervures qui doivent servir de lattes sont plus visibles.

C’est pétole, Jojo nous pousse à 4,5N. Ça devrait calmer la houle. Ce serai une bonne chose, cela épargnerait Raymond. Je dois avoir assez de gasoil pour rentrer. Je profite du fait que les batteries soient pleines pour mettre un peu de musique. C’est très rare que je mette de la musique en mer. Mais là, ça me fait beaucoup de bien.

11h40, par 46°04′ de latitude nord et 12°21 de longitude ouest mon lock indique 4330. J’ai fais 116MN en 24h. Il en reste 390MN jusqu’à Belle Isle. Demain, il m’en restera moins de 300MN. C’est à dire, l’équivalent d’une traversée Crouesty-Gijon… Je suis sauvé !

Je verse un bidon dans le réservoir. Il est presque plein. Je dois donc avoir 60L de gasoil à bord. Le temps est calme. Je peux prendre mon déjeuner à table dans le cockpit. Quel confort !

J’appelle le pétrolier British Emerald. Il fait 288m par 44m. Il me donne la météo :

Super sympa le type. Je n’ai jamais eu de météo aussi détaillée de la part d’un navire de commerce.

Jeudi 24 août, il me reste moins de 300MN à parcourir. Je suis particulièrement serein. Il n’y a pas de vent. Je m’offre un bon petit déjeuner et une bonne douche. Raymond marche toujours. Il faut dire que par un temps aussi calme, il ne chauffe presque pas.

Un très léger vent de face s’établit mais puisque je suis large en gasoil, j’en profite pour pousser un peu Jojo (1700tr contre 1500tr). J’ai presque de quoi faire le double de la distance qui me reste. Heureusement que j’ai racheté ces bidons à Ponta Delgada. Sans cela, ce serai la panne sèche. Le temps étant toujours aussi calme, je laisse Raymond à la barre.

11h40, par 46°26′ de latitude nord et 9°52′ de longitude ouest mon lock indique 4432MN. J’ai fais 102MN en 24h.

13h10, je peux enfin donner congé à Jojo et mettre à la voile au plus près. J’arrive même à cette allure à caler Avel pour qu’il continu sa route sans même l’aide de Raymond. J’en profite pour faire une bonne sieste. J’en avais bien besoin.

Depuis le début de la traversée, je suis resté à l’heure UTC. Je passe à UTC+2.

17h55 UTC+2 des baleines font surface sur mon arrière malheureusement trop loin pour les voir bien.

18h15 UTC+2 Le vent faibli et perd de sa régularité. Je rappel Raymond à la barre pour voir s’il chauffe dans ces conditions de navigation.

18h30, je fais appel à Jojo.

19h00, le pétrolier CPO Australia 184m×32m me croise à 6MN sur mon arrière.

Vendredi 25 août, j’ai 13N de vent apparent au plus près. Avel gite significativement mais le peu de vagues qu’il y a m’offre des conditions de navigations somme toute agréables. Raymond s’est très bien comporté cette nuit. J’ai pu me reposer.

J’approche du rail des cargos. Je m’apprête à relever Raymond.

10h00 Lelly C, un cargo de 106m est le premier que je vais croiser dans le rail. Cpa 2,7MN.

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Gas group, un pétrolier de 174m suit derrière avec un cpa nul dans 40 minutes.

10h20, l’alarme AIS retentit. J’ai mis Raymond à la barre pour être plus libre de mes mouvements.

10h40 Gas group est passé à 0,9MN, Bugoe, un cargo de 105m est en cpa de 0,9MN dans 40 minutes. Le vent refuse. Je suis maintenant au 60 au lieu du 80 ce qui m’emmène à… Brest !

Pour le moment, ces cargos ne m’inquiètent pas. Je peux facilement abattre pour les éviter au cas où. Ce sera plus délicat quand je croiserais les cargos montants.

11h25,Bugoe passe à 0,8MN sur mon tribord. Lady Adèle, un cargo de 82m est en cpa de 1,1MN dans 20 minutes.

11h40, Lady Adèle passe à 1MN sur mon tribord. Pour le moment, c’est le dernier que je croise. Raymond se comporte bien. Je le laisse à la barre.

12h20, 1 ris, 1 réduction de génois.

13h40, par 47°40′ de latitude nord et 7°06′ de longitude ouest mon lock indique 4534. Distance en 24h : 102MN. Il me reste 157MN avant la pointe des Poulains.

14h05, le Smart Lisa, un cargo de 180m est en cpa de 1MN dans 23 minutes.

14h30, il passe à 1MN sur mon avant. Le Sagasbank, un cargo de 90m est en cpa de 1MN à 15h05

14h45, je repère quelques baleines. Le Dalian passe sur mon arrière sans risque de collision. Il est énorme. C’est un pétrolier de 333m! Il y a aussi le CMA CGM Colomb, un cargo de 365m. Celui la, il est tellement chargé de containers qu’il n’a plus de formes. C’est un cube !

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Le vent sera monté à 17N. Il retombe maintenant. Ça aura été le seul épisode de gite de la traversée.

18h00 pétole, je verse un bidon dans le réservoir. Il est presque plein. Il me reste encore un bidon. Il y a une flottille de pêche devant moi.

19h00, des dauphins viennent m’accueillir pour mon retour en France. Je les vois sauter, jouer avec l’étrave d’Avel. Ça fait plaisir à voir. Ce ne sont pas les mêmes dauphins qu’aux Açores.

La mer est d’huile. C’est Jojo qui nous fait avancer.

Pendant la nuit, je passe à proximité de la flottille de pêche. Ils sont à l’arrêt. Il y a des feux blanc partout comme dans un mouillage.

Samedi 26 août, c’est toujours Jojo qui nous fait avancer. On devrait arriver ce soir à Palais. La mer est parfaitement plate. Je verse mon dernier bidon dans le réservoir. Il est presque plein. C’est donc avéré,  si je n’avais pas acheté ces trois bidons à Ponta Delgada, je serais en panne sèche.

13h40, par 47°20′ de latitude nord et 4°21′ de longitude ouest mon lock indique 4642MN. J’ai fait 108MN en 24h. Je suis à 43MN des poulains. J’arriverai tard dans la soirée à Palais mais je finirais la nuit au mouillage.

16h00, je pose une réclamation ! D’après la météo, il devrait y avoir du vent nord ouest force 3 à 4. En fait il y à pétole. Je veux du vent ! Je veux du vent ! Je veux du vent !

22h10, je passe la cardinale ouest des Poulains.

23h30, je double la pointe de Taillefert.

24h00, prise de coffre devant Palais.

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Lock : 4693

Moteur : 2490

Distance de la traversée : 1228MN

Heures de moteur : 151h

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2017, traversé du Crouesty à Ponta Delgada sur l’isle São Miguel, aux Açores

Créé par le 14 juil 2017 | Dans : Rêve de mer

En ce jours du premier juillet, Jojo, mon fidèle moteur est âgé de 2142 heures quand j’appareille. Mon lock indique 1642 MN. 9h30, à couple d’un solide navire Anglais, je largue les ammares. Le vent, pas si fort que ça, à l’abri du port me repousse vers ce voisin que je m’apprête à quitter. Une filière babord se prend sur son ancre restée à poste. Si j’accélère j’arrache ma filière. Si je bat en arrière, mon pas d’hélice me placera en travers avec probablement le même résultat sur ma filière. Je choisis le point mort et me dirige en vain vers la prou d’Avel pour libérer la filière. N’y parvenant pas, je regagne mon poste de barre. Avel est déjà en travers. Je bas en arrière pour ne pas taper davantage. Ma filière se décroche mais un chandelier est tordu. Le destin veut-il me dire de ne pas appareiller ?

Balivernes tous ça ! Ce n’est tout de même pas un chandelier tordu qui m’empêchera d’affronter l’atlantique. J’en rêve depuis un an. Je redresse comme je peux le chandelier sans forcer pour ne pas le casser et poursuit mon appareillage.

A la sortie du port, le vent se lève. Son orientation me permets tout juste de gagner le chenal de la Teignouse. Après tout, c’est justement là-bas que je veux passer. Le vent monte. Par deux fois, je dois réduire le génois et prendre deux ris. L’épaisse couverture nuageuse semble aussi vouloir me faire renoncer. En sortant du chenal, le constat est clair. Je ne peux pas passer par les poulains comme je l’espérais sans tirer des bords. Tirer des bords pour passer un cap alors qu’on s’apprête à faire 1130 MN n’a pas de sens. Je passerai à l’est de Belle Isle par Kerdonis.

20h00, par 46°43′ de latitude nord et  3°41′ de longitude ouest, je navigue au 230° à 6N. La journée a été fatiguante mais les nuages ont fait place à un magnifique ciel d’été.

Depuis quelques heures j’entends Saint Louis et Célya qui cherchent à se contacter par VHF. Saint Louis me demande de relayer sont appel ce que je fais naturellement. En émettant je constate que ma première batterie donne des signes de faiblaisse et passe sur la seconde.

2 juillet à 9h30 par 45°41 de latitude nord et 4°29′ nord. J’ai parcouru 123MN en 24h avec mes anciennes voiles, j’en faisais péniblement 100. Le temps est plus calme. Je n’ai plus qu’un ris. J’installe ma ligne.

10h25 alors que je sorts pour vérifier le réglage de mes voiles, j’ai une touche. C’est un Germon qui se décroche en arrivant au bateau.

11h05, nouvelle touche. Je roule le génois et loffe de 10° pour ralentir. Le combat est plus sportif qu’avec le précédent. 11h25, j’amène le Germon à bord. Il agrémentera mon dîner… Et les suivants.

Hiers, la mer était agressive, le vent soufflait jusqu’à 20N réel. J’avais réduit jusqu’à 3 fois le génois et pris 3 ris. Aujourd’hui, le temps se calme. A 13h30, j’ai tout dessus. Je suis toujours au près mais j’ai gagné 30° sur mon cap. La mer aussi se calme comme pour me féliciter d’avoir gagné mon permis pour l’atlantique. Seul le temps est de nouveau gris.

18h45, la distance qui me reste à parcourir se compte maintenant sur 3 chiffres… Et je suis enfin en route directe.

3 juillet 0h00, par 45°14′ de latitude nord et 5°48′ de longitude ouest, le vent m’a abandonné. Je fais appel à Jojo. J’ai 120L de gasoil à bord. De quoi parcourir environ 500MN dans la pétole.

9h30, par 45°01′ de latitude nord et 6°37′ de longitude ouest, je suis toujours avec Jojo. Malgré ce calme, j’ai fais 100MN en 24h. Il fait toujours gris mais ce calme m’a offert un bon petit déjeuner et une bonne douche.

J’en profite pour faire un peu de pain.

20h20 le vent s’est placé dans mon 150° à 180° tribord. Avel roule bord sur bord. Le génois claque énormément. Je le roule. Sous grand voile seule, j’avance à plus de 5N.

Mardi 4 juillet, par 44°17′ de latitude nord et 9°09′ de longitude ouest, le vent est monté et a soufflé à plus de 30N toute la nuit. Une vague m’a déviée de ma trajectoire. Avel a empanné. Un empannage est souvent violent mais sous grand voile haute, par 30N de vent, le choc sera si violent que le gréement ne résistera pas. Je vais perdre mon mât. Cet hivers, je me suis installé un frein de bôme. C’est lui qui m’a réveillé en hurlant pendant l’empannage. C’est lui qui a sauvé mon gréement.

Je ne doit pas continuer comme ça. Il faut affaler la grand voile, mais pour cela, je dois me mettre bout au vent, fort de ses 30N… Je l’avoue, j’ai triché. J’ai demandé l’aide de Jojo et de Raimond, le pilote, fidèle compagnon de tous marins.

Bout au vent, je largue la drisse et me rend au pied de mât assurer avec mon harnais pour affaler la voile. Sitôt fait, mon harnais solidement ancré sur une cadène du cockpit, je m’attache à ranger la grand voile dans son laisy bag. Au vent arrière, je ne peux pas la laisser se regonfler accidentellement. Un coup de roulis me projète sur bâbord.  Je m’arrête sur la filière en comprenant à quel point le harnais est important. Il sera mon compagnon de toutes les manoeuvres de ma traversée. Péniblement,  j’arrive à ranger la voile et peux reprendre ma route sous génois… disons plutôt un petit bout de torchon vu la quantité que j’ai laissé roulée.

Au petit matin, les vagues ne peuvent même plus déferler. Le vent les soufflent sur des dizaines de mètres avant qu’elles ne dévoilent leur lingeries blanches. Peu manoeuvrant, je croise une multitude de cargo et autres pétrolier qui transitent entre la pointe Finistère en Bretagne et le cap Finistère en Espagne… « El capot de la muerte » comme disent nos voisins Espagnoles.

Toutes ces puissantes montagnes d’aciers modifient leurs caps pour me laisser passer. Respectant ainsi les règles de navigations… Tous,  sauf un. Je l’appel à la VHF « did you see me ? » Sa réponse est si instantanée que je ne comprends pas que c’est bien à moi que l’on s’adresse. Il insiste : » do you want me to go on your front or on your back ? »

La perspective de voir ce monstre défiler devant moi ne m’inspire pas plus que ça et lui demande s’il veut bien passer derrière, ce qu’il fait sans la moindre hésitation.

Ce matin, à 9h30, j’ai fait 355MN depuis Le Crouesty. Il m’en reste 822MN… Et autant d’aventures.

Mercredi 5 juillet  par 43°21′ de latitude nord et 10°47′ de longitude ouest, à 10h15, il fait un très beau soleil. Le vent est faible. Je tente une réception de fax météo par BLU. L’interprétation de cartes isobariques n’a rien d’évident. Je fini par abandonner. Après tout, le fichier grib que j’ai téléchargé à mon départ donne toujours de bonnes prévisions. J’ai parcouru 456MN. Il m’en reste 736. Je pense avoir consommé un quart du gasoil. Ça va mais il ne faut pas faire plus. 11h30, je profite du beau temps pour verser un bidon de gasoil dans le réservoir.

Ce soir, le spectacle est super, un spectacle comme on ne peut en voir qu’en mer. De toutes parts, les nuages s’enfuient à l’horizon, la voûte celeste s’est parée d’un manteau bleu. Seul bémol, les nuages ont emportés le vent avec eux. C’est Jojo qui nous propulse au travers de l’océan. Pour parfaire ce décor, je donne un coup de lavage au plancher du carré d’Avel. Il en avait bien besoin après ce mauvais temps.

Cet après midi, j’ai changé d’heure. Je suis maintenant à UTC+1. Les Acores sont à UTC.

Jeudi 6 juillet, 15h40 UTC+1 par 42°33′ de latitude nord et 13°42′ de longitude ouest, j’avance à 6,5N. Depuis le départ, j’ai parcouru 599MN. Il m’en reste… 599 ! Je suis au milieu.

Vendredi 7 juillet, 9h10 par 41°49′ de latitude nord et 15°17′ de longitude ouest, cap au 250, sur la route, je navigue au 5N. J’ai parcouru 680MN depuis le départ mais :

Cette nuit mes batteries étant déchargées, j’ai enclenché ma batterie moteur pour démarrer Jojo afin qu’il me fournisse l’électricité dont j’avais besoin. En appuyant sur le bouton de démarrage, je n’est entendu qu’un sinistre et unique « Bou ». La situation est grave, au milieu de l’atlantique, mes batteries sont vide et Jojo ne peut plus me les recharger. La pression monte, je me ru sur le tableau électrique pour tout couper afin d’économiser le moindre ampère heure qu’il me reste. Plus de batterie, ça veut dire plus de frigo pour conserver les médicaments de ma fille, plus de Raimond pour barrer quand je dort, des heures et des heures à passer à la barre pour diriger Avel vers mon objectif… c’est alors que je m’aperçois que ma première batterie de servitude est restée off. Elle est vide mais si à elles trois, vides elles pouvais rendre vie à Jojo ?

Je tente le coup, Jojo ronchonne, se fait désirer… Et démarre ! Un profond soulagement me gagne. Je passe un moment à analyser la situation et comprendre comment j’ai pu en arriver là pour que ça ne se reproduise pas. Je peux retourner dans les bras de Morphée.

Samedi 8 juillet,  9h30, par 40°54′ de latitude nord et 17°35′ de longitude ouest, j’ai parcouru 800MN. Jojo ne m’a pas lâché de la nuit mais je viens d’établir la voilure entière au plus près après avoir versé un deuxième bidon de gasoil dans le réservoir. Le réservoir est entièrement plein, ce qui signifie qu’il me reste 80L de gasoil pour faire les 400MN qu’il me reste à parcourir. Sans vent, je peux maintenant regagner les Acores avec Jojo. Il fait un temps très nuageux ce matin comme souvent depuis le départ. J’ai instinctivement enfilé mon jean mais je ne navigue plus sous les mêmes latitudes. Malgré les nuages, il fait chaud et je troque volontiers mon jean pour un short.

Cela fait bien deux ou trois jours que je n’ai pas vu le moindre navire sauf sur L’AIS mais à plus de 20MN.

9h35, plus un souffle d’air. Je fais de nouveau appel à Jojo. Il ne se sera pas beaucoup reposé le pauvre. Je profite du beau temps pour refaire une couture sur la capote. 5N de vent se lève… de face. Je continu avec Jojo.

12h50, après un bon déjeuner et un bon bain, j’éttabli à la voile mais cap au 290 au lieu de 250. Neptune en a décidé ainsi.

Le vent se lève et forci pendant la nuit.

Dimanche 9 juillet à 4h10, j’arrive à contacter le MSC AMERICA, un cargo de 180m. Il me donne les prévisions météo : vent de nord ouest force 4 à 5.

Pourtant, à  9h20, la navigation est toujours très dure ici, par 40°08′ de latitude nord et 18°48′ de longitude ouest. Ici, le vent de nord-ouest lève des vagues très agressives. Si je n’avais pas refait la couture sur ma capote, ma descente de carré serait inondée. Certaines déferlent sur le pont. Mon regard se porte sur ma route et s’arrête sur mon mât. Je remarque des traces noires, horizontales larges sur l’arrière du mât et fillant en pointe vers l’avant. Il y en a plusieurs sur la hauteur du mât. Qu’est ce que ça peut être ?

J’ai beau tourner les choses dans tous les sens, une seule explication crédible ne m’apparaît : mon mât est en train de se fissurer. En navigation côtière, la solution serait simple. J’affale toutes les voiles et je rentre avec Jojo. Mais ici, à 300MN des Açores, ce n’est pas possible. Avec mes 80L de gasoil, je peux tout juste faire la distance sans vent sur une mer plate. Mais là, contre les vagues qui m’assaillent, contre le vent, je n’en ferais pas la moitié.

La situation est aussi simple que dramatique. Je dois garder mes voiles pour faire autant de route que possible avant de perdre mon gréement. Après, ce sera Jojo et un gréement de fortune qui feront l’affaire. J’équilibre ma voilure pour ménager mon gréement et continue comme ça. Cela va-t-il durer jusqu’à São Miguel ? une heure ? Une minute ? Ou seulement jusqu’à la prochaine vague ?

J’ai totalement affalé ma grand voile mais puisque le vent faibli, je renvoi une marque de génois. Le vent est toujours mal orienté. J’ai fait 100MN en 24h mais ne me suis rapproché de mon objectif de 70MN.

14h00, par 39°59′ de latitude nord et 19°17′ de longitude ouest, il y a un bon 5m de houle ce qui est curieusement une bonne nouvelle car cette houle a partiellement gommée les vagues. Il subsiste 1m de creux. Le vent s’est établi sur mon travers. Il permet à Avel de dominer tout ça. La navigation serait plus agréable si l’agonie de mon mât ne me noueait pas l’estomac.

J’ai maintenant trois ris et trois réduction de génois.

Je croise le cargo Orion Bay. Je l’appel, il me donne la météo : vent de ouest nord ouest force 4… J’ai intérêt à faire de l’ouest tant que je le peux encore.

En fait, je ne comprends pas ce qui se passe. J’ai 18N apparent dans le 60° à 70°. J’ai trois ris et trois réductions de génois. J’avance à 5,5N. Les 15 noeuds réel mesurés sur mon anémomètre sont compatibles avec la prévision, force 4 d’Orion Bay. 15N de vent ne devraient pas justifier de réduire autant mais si j’avais trop réduit, je ne serais pas à 5,5N.

Lundi 10 juillet par 39°22′ de latitude nord et 21°15′ de longitude ouest, à 8h00 UTC, mon lock m’indique que j’ai parcouru 1028MN depuis le départ. Il me reste 210MN à parcourir. J’ai changé d’heure pour passer à l’heure UTC, c’est l’heure des Açores. Le vent est portant maintenant ce qui soulage bien mon gréement. J’ai déroulé le génois mais ai gardé les ris pendant la nuit. Je peux maintenant les larguer. Pour fêter ça, je m’offre un bon petit déjeuner et je peux enfin me laver.

Je change de bouteille de gaz.

J’arrive à contacter le pétrolier Lysias. Il me donne la météo : nord ouest force 4. J’essaye de contacter le voilier Kahia pour discuter un peu mais il ne doit pas veiller VHF.

Mardi 11 juillet par 38°34′ de latitude nord et 23°34′ de longitude ouest, à 5N, il est 8h05, mon lock indique 1144MN, il ne m’en reste que 90 à parcourir. La raison voudrait que j’affale tout et que je rentre avec Jojo pour épargner mon gréement mais je n’y pense plus.

A 11h30, il ne me reste que 71MN à parcourir. Par rapport à ce que j’ai fais, ce n’est plus que l’épaisseur du trait. Je viens de me surprendre à regarder devant si je ne voyais pas São Miguel. Pourtant, 70MN, c’est plus que la largeur de la Manche à Dieppe. Personne ne regarde à Dieppe s’il ne vois pas l’Angleterre !

Ce matin, Raimond à fait des siennes. Le charbon que j’ai dégrippé à Houat coince de nouveau. Je l’ai rappelé à l’ordre à coup de manivelle de winch.

16h, ce matin, le temps était gris puis s’est dégagé. Là, le ciel s’assombrit… Je vais me prendre une raclée. Par précaution, je prends deux ris, pour le génois, ça peut attendre.

Finalement, la grisaille passe sans broncher.

A 20h10, je viens de finir mon repas. Je mange tôt en mer. Par 37°56′ de latitude nord et 24°40′ de longitude ouest, TERRE !!!

São Miguel est en face de moi… à 25MN!

Les cotes semblent très montagneuses. Ce n’est pas étonnant, ce sont des isles volcaniques.

Mercredi 12 juillet à 0h10, par 37°42′ de latitude nord et 25° de longitude ouest, je viens de virer au 275° pour Ponta Delgada mais je fait appel à Jojo. Il n’y a plus de vent. Je verse mon dernier bidon dans mon réservoir. Ce n’est, pas que j’en ai besoin, mon réservoir est plein. Mais je ne veux prendre aucun risque à mon arrivée. Je prépare mon pavillon nationale, le pavillon des douanes et le pavillon de courtoisie.

A 7h30, je me rends compte que je vais arriver à 8h50. La capitainerie ouvre à 9h00. Je ralentis.

9h18 accostage au ponton d’accueil, je m’enregistre à la capitainerie, fait les formalités des douane, police et immigration.

10h00 accostage emplacement D8.

Pendant cette traversée, j’aurais parcouru 1265MN, Jojo aura fonctionné 118h.

Épilogue

Alors que je range mes affaires, mon regard porte sur le bateaux en face de moi amarré poupe à quai. Son nom me rappelle quelque chose. Celya, le navire pour lequel j’avais relayé la communication VHF au sud de Belle Isle. Je me présente et nous échangeons quelques cordialité.

Le soir même, on me tire dessus ! C’est Celya qui débouche le champagne et m’invite à partager quelques verres. Nous discutons de choses et d’autres puis de nos traversées respectives. Quand je leur parle de mon mât, je les vois blanchir. Nous essayons de trouver une explication, allons voir sur place… à mon retour à leur bord, un qui était resté sur son navire et voyait la scène sous un autre angle me dit : « je sais ce que c’est, ton mât n’a rien. » Pendu à son discours j’attends la suite avec impatience. Il reprend :  » ce sont les anneaux du laisy Jack qui ont frotté contre le mât  » effectivement, au précédent désarmement, je les avais à tord rangés contre le mât. Cet hivers, voyant les traces noires que cela faisait sur le mât, je les avais écartés et n’y avais plus prêté attention. Voilà comment 4 traits noirs peuvent nouer un estomac au milieu de l’atlantique !

Traversés du golfe de Gascogne

Créé par le 03 sept 2015 | Dans : Rêve de mer

Traversé Arzal-Gijon
Le 4 juillet 2015 lock 8305MN
10h30 Sortie de l’écluse
Vend 15nd de face
13h15 vire Dumet Cap 205 vend 8nd
20h00 47°05′N 2°51′W cap 210 vend 8nd
Cette première journée fut « très » calme avec parfois moins de 2nd d’aire. Nous dûmes même tirer des bords pour passer entre le plateau du four et Hoëdic.
Le temps était très ensoleillé !
! La 1ère batterie vide refuse de se charger
Le 5 juillet
1h00 Je prends mon quart. J’aperçois un bâtiment sur le travers bâbord. Le temps de m’habiller, il est sur l’avant. C’est un énorme cargo. Il y en a un 2ème qui passe sur notre arrière.
C’est la pleine lune. Le temps est clair et très sec.
Le vent à viré. On est maintenant 3/4 arrière.
7h00 Je prends mon quart. Averse
J’installe mon leurre au « gros ». 1/2 heure après, je prends un petit requin (2.5kg)
8h00 Le vent tombe. Moteur

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46°35′N 3°27′W
10h30 Lock 8390MN   85MN en 24H
46°25′N 3°36′W
10h45 arrêt moteur (total 5h45)
11h20 Moteur 30′ (total 6h15)
17h30 Nous quittons le plateau continental. Les fonds plongent à plus de 1000m. Enfin, d’après la carte. Je n’ai pas été vérifier.
Nous avons retrouvé le soleil
18h50 quelques dauphins viennent nous saluer et repartent aussitôt
19h25 Ils sont trois à nous escorter sous notre étrave.
Ils sont restés une bonne demie heure

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Vers 21h00 j’ai une touche sur ma ligne. La bête est énorme. Elle me prend 100m de fil. Plonge !
Richard roule le génois. Le bateau est arrêté. Le fils casse. Le moulinet à chauffé. Il ne marche plus. On ne saura jamais ce que c’était mais c’était gros. Je n’ai pas pu reprendre 1cm de fil.
On croise 2 pétroliers. Le premier passe sur bâbord pour 4MN pendant que le second passe sur tribord pour 7MN.
On a mis au moteur.
Lundi 6 juillet
5h15 Nous croisons un cargo en route de collision. Je vire pour parer le danger. Il y a toujours pétole. On est au moteur.
5h30 Je mets à la voile 3nd (total moteur 14h30)
7h00 Il nous reste 100MN à parcourir
9h00 vent 16nd apparent dans le 90°. On avance à 6nd. Il va falloir ralentir pour ne pas arriver de nuit.
Temps très nuageux
10h50 8497MN au lock   107MN en 24H
44°46′N 4°47′W Il reste 83NM à faire Cap 210 5nd
16h00 Je sort de ma sieste. Le beau temps qui avait fait sont apparition à midi est de retour.
La terre est à 50MN. Trop loin encore pour la voir.
Notre destination est à 60MN. On n’a croisé aucun bâtiment depuis ce matin.
19h00 Des dauphins viennent à l’apéro pour nous souhaiter un bon appétit. Ils ont du voir que l’on avait faim. Ils ne sont pas restés.
Nous nous sommes régalé avec un morceau de requin.
Vers 20h00, il n’y a plus de vent : Moteur
Hormis la houle de 2 à 3m, la mer est d’huile
Mardi 7 juillet
0h00 43°59′N 5°30′W Nous sommes en train de remonter sur le plateau continental. Richard à établi les voiles. (total moteur env 17h30)
5nd au près. Vend d’ouest comme prévu.
Je vois un point lumineux à l’horizon. Je ne pense pas que ce soit une étoile. Ce doit être une lumière de la côte. Terre !
2h45 Je manœuvre pour éviter un cargo. Ce voyou n’a pas respecté ma priorité à la voile.
J’ai réduit la voilure pour ne pas arriver de nuit.
8h00 Arrivé à Gijon ; Plein de gasoil puis accostage emplacement 227 ; formalités d’entrée
Lock 8577 Distance parcourue 272MN
Consommation moteur environ 1,2L/h 43°32′N 5°40′W

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Traversée Gijon – Le crouesty

Mercredi 8 juillet 2015
9h30 appareillage lock 8577MN
Cap 30° 4nd Moteur Temps très nuageux avec bruines
16h30 cap au nord, nous somme en train de quitter le plateau continental. Le beau temps est revenu
C’est impressionnant, en mer, de voir à quel point la terre est ronde…
18h00 Des dauphins viennent nous souhaiter une bonne traversée et repartent aussitôt.
Le bateau roule beaucoup sous l’effet de la houle.
10h00, Je prends le premier quart. J’aime bien ce rythme de veille et de pleine confiance.
Jeudi 9 juillet
9h30 44°57′N 4°58′W Lock 8670
Près serré cap 350 Total moteur 20h
Le hublot bâbord fuit
10h30 J’ai une touche. La bête semble plus petite que l’autre fois. Aurais-je la chance de la remonter ? Non ! mon moulinet explose !.
On tente de remonter le fil à la main. On n’arrive pas à relâcher suffisamment quand la bête repart. Le fils casse.
Richard met sa ligne à l’eau. Aussitôt, il à une touche. Son moulinet pourtant plus petit que le mien résiste. Le combat s’engage.
Mais comment allons nous faire pour sortir un poisson comme ça de l’eau ?
Au bout d’un combat acharné, le poisson arrive sur notre arrière. C’est un thon de 3,5kg. Je despcends dans la jue et m’en saisi par le leurre. Il est à bord !

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On remet la ligne à l’eau. « Pour toi me dit-il ». Sympa le frangin !
Machinalement, je regarde le leurre qui bat en surface. Un poisson jaillit de l’eau et le saisit. Le frein du moulinet hurle en laissant échapper le fil de la bobine. On range aussitôt le génois pour ralentir le navire.
1nd, c’est bien suffisant !
La lutte s’engage. Il nous apparait plus gros. Enfin, le frein se calme mais 15′ après la touche, je ne peux toujours pas reprendre 1cm de fil.
La lutte continue et j’arrive enfin a remonter un peu de fil entre deux départs. On fini par le voir. Il est gros !
La lutte reprend quand il voit le bateau. Il apparait de temps en temps avant de regagner le fond et fini par se fatiguer.
C’est bien beau tout ça. Mais on fait comment pour sortir un machin pareil de l’eau !
Il est encore trop tôt de toute façon mais Richard descend dans la jupe et j’arrive enfin à lui présenter le poisson.
Il ne parvient pas à le saisir par le leurre. L’hameçon est planté trop profondément. C’est par les ouïes qu’il l’attrape et le monte à bord.
C’est un thon de 9kg, 10kg 11kg… Avec le roulis, ce n’est pas facile de le peser… Disons 10kg, c’est une moyenne.
Il est maintenant temps de le découper. 2 filets irons au frigo pendant que je fait des saucisson avec les 2 autres filets.

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17h40 45°27′N 5°20′W
On est au près serré. 20nd apparent.
J’ai pris le 3ème ris. Je prépare le tourmentin pour cette nuit avant de le ranger. C’est vraiment trop petit.
Depuis tout à l’heure, le hublot de la coque bâbord fuit. Il y a de l’eau dans les fonds.
On vire et je bricole une réparation avec du grey tape et l’on repart.
Ça semble ne plus fuir mais combien de temps cela va-t-il tenir.
Le vent est sensé forcir dans la nuit avant de retomber pendant l’après midi.
22h00, le Grey-tape s’est décollé. Heureusement, il fait encore jour. On met à la cape pour refaire une réparation plus sérieuse, toujours au grey tape.
Vendredi 10 juillet
10h00 46°38′N 5°07′W Lock 8763MN
Distance parcourue en 24H : 97MN
On a toujours 3 ris et 4 tours dans le génois.
Près serré cap 30° 17nd apparent
Nous sommes remontés sur le plateau continental.
12h00 Nous n’avons plus qu’un ris et 1 tour dans le génois.
14h40 46°55′N 4°49′W Nous sommes désormais toutes voiles dehors. Le vent se calme comme prévu.
18h20 le vent vient de virer. On est enfin en route directe. 47°09′N 4°34′W 71MN à parcourir
Samedi 11 juillet
1h00 on a 27 nd de vent heureusement dans le 120°. Génois seul, on roule 2 tours. 6nd
9h45 Accostage au Crousty lock 8871MN
Distance en 24h 108MN la traversée : 294MN
Richard débarque

Traversée Le Crouesty – Gijon

Vendredi 14 aout lock 9421MN
13h00 Appareillage
Le vent est fort, la mer est agressive. Je subis des averses. Les conditions ne sont pas réunis pour démarrer la traversée.
16h00 mouillage à Houât plage de Treach er Goured
Samedi 15 aout
5h00 appareillage
12h25 46°51′N3°28′W Le vent à mollit. 8nd dans le 80°
La mer se calme mais j’ai encore l’impression d’être dans un shaker. Je suis en train de traverser une flottille de pêche. Mon déjeuné cuit.
Temps ensoleillé avec quelques nuages. C’est mieux au sud. Tant mieux, j’y vais !
16h45 46°36′N 3°39′W 4nd 215° Il fait frisquet dehors. Je reste à l’intérieur où la température vient tout juste de passer à 22°C.
Je pêche: 1 ligne à maquereau et une ligne à thon. Mais toujours rien. En fait, je suis trop loin pour le maquereau et pas assez pour le thon.
La mer s’est calmée, il subsiste une houle de plusieurs mètres… bien ronde.
21h25 46°19′N 3°54′W La journée s’achève et le vent est tombé ! J’ai mis au moteur 1000tr. Je suis en avance sur mon trajet. Il reste une belle houle
Dimanche 16 aout
8h05 45°53′N 4°17′W vent 5nd dans le 70°
voile + moteur 5nd temps nuageux
Je mets la ligne
10h15 je coupe enfin le moteur. Il tournait depuis 21h !
11h30 je prends un petit thon. Ce n’est pas ce que je suis venu chercher mais c’est une bonne nouvelle
1 mon leurre fonctionne
2 Je suis au bon endroit
3 le moteur que j’avais remis ne gène pas.
Je n’ai pas entendu la touche. C’est le fait de ne plus voir le leurre qui m’a mis la puce à l’oreille.
Le vent ne cesse de changer. Quand il ne monte pas, il descend. Quand il s’adonne pas, il refuse… bref, je manœuvre sans arrêt.
17h20, je hisse le spi
19h25, mon GPS est ravi ! arrivé prévu à Gijon à 13h44!…
mais je vais bientôt devoir affaler le spi
19h45, le spi est rangé
20h20 une touche. Le poisson ne semble pas très gros. Je le remonte. C’est un thon de 70cm tout de même.
Il me faudra 1h10 pour le remonter, le découper et nettoyer le bateau. Heureusement, que pendant ce temps là, l’ais veille car je n’ai pas le temps de jeter un œil sur l’avant du bateau et j’avance à 5nd.

Lundi 17 aout
2h40 Je suis réveillé par le bruit des voiles. Je suis face au vent. Ce n’était pas prévu !

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8h40 j’ai hissé le pavillon de courtoisie. Il me reste 33MN à parcourir. Arrivé prévu 15h30.
Il a plu cette nuit. Les banc extérieurs sont trempés.
11h00 43°53′N 5°28′W Temps couvert. Je crois voir la terre. Elle est à 20MN
13h20 De nombreux dauphins viennent me souhaiter la bienvenue en Espagne. Je les photographie à l’avant du bateau. Les piles sont vides ! Je vais les changer mais quand je reviens, ils sont partis. Ils n’ont pas du apprécier de me voir disparaitre pendant leur accueil !

15h30 accostage ponton d’accueil lock 9677 distance de la traversé 256MN
J’ai passé mon après midi à courir : avitaillement, recherche du détaillant d’article de pêche…
Il est 20h30, j’en ai plein les bottes

Traversée Gijon Arzal
Mardi 18 aout
10h00 appareillage lock 9677
Je suis torse nu ! Ça change du Crouesty !
17h20, Je quitte le plateau continental 43°59′N 5°26′W
Mercredi 19 aout
8h00 44°45′N 4°47′W Le vent adonne un peu. Je peux porter un peu le génois mais je doit garder le moteur à 1000tr/mn
Il fait un temps magnifique ce matin… Depuis hier.
10h00 44°52′N 2°42′W lock 9762MN
85 MN en 24h
13h00 1 thon. Le vent est totalement tombé. Pas une ride sur l’océan. Le soleil brille de tout ses feux. L’heure du bain à sonnée. Je stop Avel et éteins le moteur…Plouf !
Et là, grande surprise… l’eau est réellement chaude. On se croirait sous les tropiques. Moi qui suis souvent frileux à la plage, je me baigne longuement avant de tomber nez à nez, face à un bien curieux animal.

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La méduse à voile. Je remonte sur Avel pour la photographier mais elle est trop loin. Ni une ni deux, je m’empare du sceau et retourne la capturer pour la photographier avant de la libérer.
Puis, il est temps de repartir.
14h39, une baleine fait surface à 200m sur mon arrière. Je n’ai malheureusement pas le temps de la photographier.
D’après la carte marine, la profondeur, ici, dépasse les 4000m ! L’eau est parfaitement limpide.
20h20 45°27′N 4°15′W somme du vent aujourd’hui = 0. Depuis le départ, je n’ai pas arrêté le moteur en dehors des baignades. Inquiet, malgré la jauge plus que rassurante, je me dirige vers le réservoir de gasoil pour avoir de visu une idée de ce qui reste… bonne nouvelle, je n’ai consommé qu’1/4. Il me reste 142 MN à parcourir avant l’entrée en vilaine.
La journée se termine… Il a fait chaud !
22h35 Je réduit le régime moteur pour dormir tranquillement
800tr, vitesse 1,8nd. Un pétrolier passe sur mon arrière (3,5MN)
Jeudi 20 aout 2015
8h10 Un groupe de dauphin vient m’accueillir pour mon retour en France. Je remonte sur le plateau continental. La houle se creuse. Il fait plus frais. J’ai quitté le gulf stream. Adieu baignades.
Je capte un bulletin météo :
V SO 2 à 4 du sud au nord de la zone, faiblissant 2 à 3 en fin de matinée MPA TTN à couvert
Nuit vent variable 1 à 3 MPA
Demain NO 2 à 3
10h00 lock 9828 distance en 24h 66MN
12h00 j’établis le génois en plus du moteur
15h30 Je coupe le moteur et envois le spi
16h30 Je suis déjà, à nouveau au moteur
21h00 Un groupe de dauphin vient me souhaiter une bonne nuit
Ils restent pendant tout le temps du coucher de soleil (25′) et jusqu’à la nuit. Il y en avait un en particulier qui c’est fait remarquer par ses cabrioles en tout genres.

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Je l’ai appelé Loïc Peyron en référence à ses Peyronades… Du franc bord, à l’avant, j’ai essayé en vain de mettre la main dans l’eau.
Ils sont revenus après ces quelques lignes. Un jeune les accompagnait. Il ne s’éloignait jamais de sa mère qui mesurait le double de lui.

Vendredi 21 aout
D’habitude, le matin, je lits, je pèche, je grignote…. Là, rien. Mon voyage touche à sa fin.
Heureusement, il fait beau… Trop beau… pas une ride sur l’eau. Je suis encore au moteur
11h55 entrée dans l’embouchure de la vilaine
13h10 entrée dans l’écluse
Après l’éclusage, plein de gasoil… J’ai mi 62L dans un réservoir de soit disant…60L!
17h00 accostage à foleux lock 9928MN
Distance de la traversée 251MN

Refaire la protection antirouille de la quille

Créé par le 20 mai 2015 | Dans : Rêve de mer

Voilà bien une opération pleine de surprise. Elle commence par la mise à nue dès le matin. J’ai utilisé une meuleuse avec un disque à poncer. Je sais, les poussières d’antifooling sont toxiques. Rassurez-vous, je me suis protégé avec un masque anti-poussières. Cette opération s’est bien passée. Je pense avoir choisi la bonne solution.

Après la mise à nue, j’avais prévu de reboucher les quelques trous de corrosion avec un mastic époxy, ce que j’ai fait. Mais sur une quille mise a nue, les trous sont difficilement visibles. J’aurais due les repérer au feutre pendant le ponçage ou au moins au nettoyage. Du coup, j’ai raté quelques trous… Le nettoyage est indispensable parce qu’après le ponçage, la quille est pleine de poussières. Le mastic ne peut pas adhérer là dessus.J’ai fait le masticage l’après midi, sans difficultés particulières.

Le séchage du mastic dure 8h00. Il faut donc attendre le lendemain pour poncer… J’avais oublié ma ponceuse. Je l’ai fait avec ma meuleuse et un disque fin de ponçage. C’est pas idéal mais pas si mal que ça non plus.

En guise de barrière antirouille, j’ai choisi du caoutchouc chloré. L’autre solution était l’enduit époxy mais il faut dans ce cas des conditions de températures assez critique.

L’application de la première couche est délicate parce qu’elle conditionne la qualité de l’adhérence de toute les autres. J’ai eu la chance d’avoir, en début d’après midi, une bonne fenêtre météo et j’ai pu faire une deuxième couche en fin d’après midi.

La surprise est venue le lendemain en milieu de matinée alors que je m’apprêtais à faire une troisième couche. Le rouleau à la main, je passe la main sur la quille avant d’y appliquer le produit quand je m’aperçois qu’elle est recouverte d’eau. La quille est une énorme masse métallique. Elle a donc une très grande inertie thermique qui fait que la condensation y est présente tant que la température ambiante augmente dans la journée. Et en plus, ça ne se voit pas ! Heureusement que je m’en suis aperçu ! J’ai rangé mon rouleau et j’ai passé ma dernière couche un peu plus tard dans l’après midi

Enfin, le lendemain APRES-MIDI, j’ai passé la première couche d’antifooling.

Conclusion, cette opération est relativement facile à faire mais il faut faire attention à deux choses :

  • Repérer les trous à boucher au feutre AVANT de préparer le mastic
  • Surveiller l’absence de condensation avant d’opérer en passant la main sur la quille

Hivers 2014-2015

Créé par le 13 fév 2015 | Dans : Non classé

Les vendeurs des magasins d’accastillages sont souvent surpris de me voir plus souvent en hivers qu’en été. La majorité des plaisanciers aménage leur bateau en été. Je pense que c’est une erreur. L’été, je préfère naviguer. S’il y a des aménagements à faire sur mon navire, c’est en hivers qu’il faut les faire.

Cette année est particulière. J’ai acheté mon navire l’hiver dernier. J’avais envie de l’essayer. J’ai donc fait exception à ma règle en navigant aussi l’hiver. C’est donc cet hiver qu’il me faut faire les premiers aménagements importants.

C’est important de naviguer avant de faire les aménagements importants. Les premières idées ne se révèlent pas souvent être les bonnes. Il faut se retrouver en mer pour juger du bienfondé d’un aménagement.

Alors voilà, je me suis lancé. Quelques réparations étaient nécessaires. Le réservoir d’eau fuyait, comme le joint de l’arbre d’hélice. Pour ce dernier, on m’a conseillé de remettre un bon vieux presse étoupe. L’avantage, c’est que quand ça se met à fuir, on peut resserrer en mer. Avec les nouveaux joints, il faut mettre le navire hors de l’eau pour les remplacer. L’enrouleur de génois aussi commençait à donner de sérieux signes de fatigues. Le remplacement de l’émerillon était peut-être suffisant mais j’ai choisi de changer tout l’enrouleur. Je classe l’enrouleur dans les organes de sécurités. Je ne veux pas prendre de risques avec ce genre de choses.

Il m’a fallu aussi investir dans un nouveau radeau de survie l’ancien étant périmé. J’en ai profité pour l’installer sur le balcon arrière afin de dégager la vue sur l’avant. Il était initialement positionné sur le roof.

Je me suis fabriqué une capote d’hivernage. En effet, en hivernage, il est préférable de déposer la capote pour l’entreposer à l’abri. Mais l’entrée du navire se retrouve alors exposée aux intempéries. Une bâche, une machine a coudre, quelques heures de travail et l’opération est un succès. Je me suis arrangé pour que cette capote d’hivernage se prolonge pour faire aussi office de bimini.

J’ai déplacé l’écran du radar, encastré le GPS et installé un nouvel autoradio. Enfin, j’ai installé une jauge électrique pour le réservoir d’eau. Celui-ci se trouve sous la couchette avant où nous dormons. Il nous fallait presque démonter notre lit pour surveiller le niveau d’eau. La jauge électrique sur le tableau général nous épargnera de cette tache plus que rébarbative.

Enfin, j’ai installé un ampèremètre sur l’alternateur afin de pouvoir surveiller la charge des batteries, un répartiteur de charge et des étagères pour transformer les penderies en placards. Je trouve cela plus pratique pour stocker nos vêtements quand on navigue.

J’ai remplacer mon feu de navigation pour l’installer en tête de mât, puis, refait la quille pour combler les attaques de corrosion et la protéger.

J’hésite à installer un frein de bôme. Certain disent que c’est très bien d’autre, que ça peut casser la bôme. Une simple retenue est peut-être plus simple et plus sur.

 

Couché de soleil en méditérranée

Premiers essais

Créé par le 11 sept 2014 | Dans : Non classé

Avel à été acheté pendant l’hiver 2014 à Saint Malo. Je l’ai convoyé fin mars jusqu’au port du Crouesty en 54h avec mon frère et un cousin. Très peu de vent, sauf 12h force 6 vent de face. On a presque tout fait au moteur.

Arrêt à Camaret pour faire le plein de gasoil. La pompe 24h/24h est fermée ! Je verse les 10L de réserve que j’ai dans un bidon. Arrivé à Loctudy pour faire le plein. Je mets 55L dans un réservoir de 60L. Ouf, on a eu de la chance !

Le pilote ne fonctionnait pas parce que le segment de barre était desserré.

J’ai beaucoup navigué au printemps et cet été en solitaire et en famille sur de petites distances.

Le système de ris automatique est une vrai galère. J’ai repassé des prises de ris ordinaire. Au moins ça fonctionne sans coincer.

Le joint de l’arbre d’hélice fuit, il faudra le changer cet hivers. Il nous a fallu éponger un demi seau tout les 3 jours.

Et puis grosse galère, le réservoir d’eau douce fuit. Il est sous la couchette avant ou nous dormions !

Mais nous avons pu profiter de ces beaux paysages.

Avel au mouillage à Groix

 

 

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